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Cette photo a été prise par une aide soignante, c’est elle qui a proposé me voyant galérer avec mon téléphone pour photographier mon fils lors de sa première tétée – Ceci reste un souvenir merveilleux pour moi, que je n’aurais pas eu si elle n’avait pas eu cette initiative !

Cet article est resté très longtemps dans les brouillons…. Il est daté du 11/09/2012, je l’ai écrit durant ma grossesse.
La raison de sa non-publication est principalement que j’ai dû l’abandonner en cours de route, ma grossesse s’était compliquée, une césarienne avait été programmée. Cependant, j’avais reçu une très grande ouverture de l’équipe par rapport à ce projet, et j’avais même obtenu un rendez-vous avec la cadre-chef de service des salles de naissance pour lui exposer.

Je crois fondamentalement à la nécessité d’un respect de la physiologie de la naissance. J’avais d’ailleurs accouché volontairement à domicile avec une Sage-Femme pour l’aîné, car je ne voulais pas me « battre » contre une équipe médicale.

La grossesse gémellaire a contribuer à changer totalement mon regard sur ces hommes et ces femmes qui nous accompagnent dans les plus beaux moments de notre vie (phrase à la Baby Boom, désolée !). J’ai compris leur humanité, leur « peur » parfois pour nous, qui les faisait glisser peut-être trop souvent vers des pratiques anti-physiologiques.

J’ai compris qu’ils ne faisaient pas les choses pour « faire chier » ou asseoir une quelconque autorité, mais, faibles du lot de drames qu’ils affrontent au quotidien, ont fait du « tant que tout le monde va bien à la fin » une valeur supérieure au respect de la physiologie. Ceci est bien sûr alimenté, il faut bien l’avouer, par les femmes qui se laissent « livrée » au corps médical, sans se poser trop de questions.

J’ai réussi à admettre et faire admettre que le travail de la grossesse et de la naissance doit être un travail d’équipe entre la mère et l’équipe médicale ou le professionnel de santé qui l’accompagne. Ils ont la science, la technique, j’ai la connaissance et l’intuition de mon corps.

La grossesse gémellaire a ceci de spécifique qu’elle est un défi de chaque jour. Défi pour déjouer la prématurité (1 grossesse gémellaire sur 2), défi pour le corps, et parfois pour le cœur.

Faire un projet de naissance pour des jumeaux, c’est aussi garder à l’esprit qu’un accouchement de jumeaux n’est pas aussi simple que deux accouchements d’un enfant. Déjà pour la raison toute simple que le deuxième jumeaux se prends toutes les contractions du travail du premier jumeaux… Ensuite parce que les complications de grossesse et naissance sont notablement augmentées.

Faire un projet de naissance pour des jumeaux, mille fois oui, mais en restant lucide sur ce qu’implique de pouvoir accoucher de jumeaux par voie basse.

Si vous avez déjà passé le cap fatidique de la prématurité, et éviter d’autres complications qui vous « condamnerait » à une césarienne, vous faites déjà partie d’une minorité de mamans….  La « chance » d’en être arrivé à ce stade vaut bien de céder sur quelques principes…

Lorsque j’ai écrit ce projet de naissance, je ne voulais pas arriver « avec le fusil entre les cuisses » (j’ai entendu cette phrase de la bouche d’une SF, et je l’ai trouvée forte à propos), ainsi, tout est écrit sous forme de « j’aimerais, je souhaiterais, je voudrais » et non « je veux, il faut, il est impératif »….

Parce que je crois fondamentalement qu’il est plus probable d’obtenir le soutien du corps médical lorsqu’on le montre qu’on a un souci de collaboration plutôt que d’affront.
Ceci était accompagné d’une documentation personnelle sur les risques de la grossesse et de l’accouchement de jumeaux.
Le résultat, c’était que je me suis TOUJOURS sentie actrice des décisions durant la grossesse. On proposait, m’expliquant éventuellement les risques/bénéfices, et je faisais mon choix.

Je gardais aussi toujours à l’esprit que chaque jour gagné était une chance, mais aussi, que même si mon projet ne pouvais être forcément 100% respecté, mais que chaque chose qui était réussie était une victoire.

Il est bien sûr possible d’accoucher de jumeaux de façon totalement physiologique, des mamans ont eu l’ultime chance de pouvoir le faire. Cependant, il faut garder à l’esprit que c’est rare, et que même si l’accouchement comporte par exemple une manœuvre ou une péridurale, c’est déjà une chance en soi d’accoucher par voie basse (seulement  1 grossesse gémellaire sur 2)

Comme vous l’avez peut-être lu dans ce blog, j’ai finalement accouché par voie basse, le travail ayant été trop rapide.
Je me souviendrais toujours du moment où on m’a mis les pieds dans les étriers. J’ai voulu crié que je ne voulais accoucher « comme ça » (façon « poulet de bresse »). Heureusement, la lucidité d’avoir déjoué une césarienne programmée m’a frappé avant que les mots ne sortent de ma bouche….

Je tiens à dire que, malgré l’urgence, malgré anesthésie très fortement dosée qui m’a empêché de sentir le passage de mes enfants, malgré le bras presque entier entré en moi pour percer la poche de mon fils, cet accouchement est resté profondément humain. Tout le long, une personne m’a tenu la main. Tout le long, on m’a parlé, regardé (et pourtant, vu les circonstances, la rapidité, le stress que les enfants sortent rapidement (à cause de la pathologie que j’avais développé durant la grossesse), on aurait pu avoir les circonstances atténuantes pour me considérer comme un « corps » uniquement…

Ils ont pourtant plaisanté avec moi, rigolé à mes « blagues » et gardé leur sérieux quand j’ai dit que ma fille allait me sortir par le cul….

Juste après avoir accouché, plusieurs soignants m’ont adressé leur félicitations. Sur l’instant, j’étais comme figée, le « merci » ne pouvait pas sortir immédiatement, car je considérait n’avoir « rien fait ». Et pourtant si, c’est moi qui est tout fait.

Quoi qu’il arrive, c’est VOUS qui donnez naissance à vos enfants, ces instants vous appartiennent, et ils doivent être les plus beaux possibles.

Ce projet de naissance est librement présenté et peut être utilisé, adapté, modifié et diffusé sans modération.

PROJET DE NAISSANCE

Mme G. Emilie – Mr L. JF

Grossesse gémellaire bi-choriale / bi-amniotique – terme échographique : 01/12/12

 

En coopération avec l’équipe médicale, notre direction principale pour la naissance de nos deux enfants, est un accouchement le plus physiologique le moins médicalisé possible.
Pour ce faire, nous vous présentons ici l’ensemble de nos souhaits.
Ce projet prend tout son sens dans le cadre d’un début de travail spontané, à un terme supérieur à 37 semaines.
Dans tout autre cas, nous souhaiterions tout de même que ces demandes soient considérées et envisagées quand cela est médicalement possible.

 

1.   Généralités
Nous demandons que tout acte médical envisagé nous concernant et dont ne nous connaîtrions pas encore les risques et les bénéfices, nous soit expliqué et soit discuté avec nous.

 

2.   Travail

En l’absence de signes médicaux s’y opposant, nous souhaitons que le début du travail se fasse de façon spontanée, et qu’il ne soit accéléré à aucun moment et par quel que moyen que ce soit (perfusion, gel, rupture des membranes).
Nous souhaitons que la future maman puisse adopter les positions qu’elle jugera confortable pour accompagner les contractions, et qu’elle puisse utiliser les outils proposés par la structure (ballon, bain…).
Nous aimerions que la surveillance du travail soit la plus discrète possible, et que les passages du personnel accompagnant soient limités à leur maximum, afin de préserver le plus longtemps possible l’intimité de cet événement.

Dans l’idéal, nous souhaitons que le monitoring ne soit pas placé en continu, et que les examens cervicaux soient limités.
Nous souhaiterions que l’anesthésie péridurale ne soit pas considérée en première intention. Cependant, aux  vues des circonstances de la grossesse (NDRL : Mon J2 était en transverse…), nous acceptons la pose d’un cathéter permettant son injection rapide, si nécessaire.
Dans cette continuité, nous aimerions que le personnel médical ne propose pas l’anesthésie pour raison de confort au cours du travail, et ce, même si  Mme G. le demande. Mr L. sera donc garant de la pérennité de ce souhait.
Durant la phase de travail et celle de l’expulsion, nous souhaitons que le personnel médical soit réduit à son strict nécessaire. Cependant, pour participer à la formation médicale des futurs soignants, nous acceptons la présence d’au maximum deux étudiants (toutes spécialités médicales confondues) sous les conditions suivantes :
–   Ils s’obligent à la plus grande discrétion possible
–   Ils réservent leurs interrogations à leurs référents pour après les naissances, et hors de notre présence
–   Ils n’effectuent aucun acte médical, même simple, sur Mme G. ou nos nouveau-nés
–   Ils ont pris connaissance de ce projet de naissance
Nous nous réservons le droit de demander à ce que les étudiants prennent congé s’ils venaient à ne pas respecter ces conditions.

 

3.   Expulsion

En l’absence d’analgésie péridurale, nous souhaitons que Mme G. puisse adopter la position qui lui convient pour l’effort expulsif.
Nous refusons catégoriquement que soit pratiquée une épisiotomie en dehors d’une éventuelle extraction instrumentale. Dans ce dernier cas, nous demandons à être informés de la nécessité de cet acte avant sa pratique.
Nous demandons que Mr L. puisse rester assurer son soutien auprès de la future maman malgré l’éventualité d’une intervention extractive ou d’une manœuvre.
Si une césarienne venait à s’imposer, nous souhaitons que Mr L. puisse également continuer d’accompagner la naissance de ses enfants au bloc opératoire.

Nous aimerions que le premier nouveau-né, sous réserve de ses bonnes conditions immédiates de santé, soit posé sur sa mère.
Durant l’effort expulsif du deuxième nouveau-né, nous souhaitons que le premier puisse rester dans les bras de son père, dans une couverture.
Mr L. souhaite avoir la possibilité de couper les cordons ombilicaux.
A l’issue de la naissance des deux enfants, celui-ci accompagnera la sage-femme qui effectuera les premiers soins des nouveau-nés.

 

4.   Soins aux nouveau-nés

Nous souhaitons que tout acte qui pourrait être effectué par Mr L. lui soit laissé (habillement).
Nous demandons que les enfants ne soient pas baignés immédiatement. Ils seront essuyés avec un linge.
Nous désirons que les nouveau-nés ne subissent pas de gestes invasifs en l’absence de nécessité réelle (collyre, aspiration oro-pharyngienne)

 

5.   Alimentation des nouveau-nés

Nous avons choisit l’allaitement maternel pour nos enfants.
Ainsi, pour favoriser sa mise en place, nous souhaiterions que, après les soins, les enfants soient rapidement ramenés à Mme G. pour effectuer une mise au sein précoce.

Dans l’impossibilité d’une mise au sein précoce, nous demandons que les enfants ne soient pas nourris avec du lait artificiel.
Si la durée d’indisponibilité de Mme G. venait à se prolonger, les enfants recevront éventuellement un peu de lait artificiel, donné impérativement par Mr L. et à l’aide d’un dispositif adapté que nous fournissons (SoftCup).

 

6.   Suite de couches

Nous souhaitons que les nouveau-nés soient placés dans un seul et même berceau.

Si l’allaitement présentait des difficultés de mise en place, et qu’une supplémentation provisoire s’avérait nécessaire, nous demandons à ce qu’elle ne soit pas faite avec des biberons, mais avec un dispositif adapté que nous fournissons (Dispositif d’aide à la lactation / Softcup).

Les enfants n’iront en nursery à aucun moment (excepté pour une éventuelle photothérapie).
De ce fait, nous comptons sur la coopération des sages-femmes du service pour une aide au positionnement durant les tétées.

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