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Cette petite phrase de rien du tout, je l’ai entendu de nombreuses fois, enceinte, alors que j’annoncais la terrible nouvelle.

Elle provoquait en moi une colère mêlée de dépit. Comme si, pour élever des jumeaux, une simple organisation était suffisante. OK ça ressemble à l’usine mais bon, ça reste des bébés, pas un rayonnage de Super U….
Colère donc, contre les gens qui pensaient cela aussi simple, mais aussi dépit, car voyez vous, le contre exemple de la mère organisée c’est MOI. En concentré s’il vous plaît. Triple concentré de non organisation sans sel (spéciale dédicace à mon Grand Garçon).

Vous avez tous eu une camarade de classe toujours prompte à quémander une copie double, une règle, un chewing-gum, un Tampax. Celle qui faisait sa dissertation de 6 pages les dimanches soir à 18h30 et qui révisait le bac blanc dans le bus ? Ben c’était moi.

Mais moi ça m’allait très bien. J’avais toujours quelqu’un pour avoir pitié de mon haleine, et des notes pas trop mauvaises (hein Maman ?).

J’ai toujours été heureuse dans ma peau de désorganisée chronique.

L’organisation, je vous l’avoue, ça me faisait juste chier. J’en était capable hein, quand il faut il faut, mais ça me rendait triste, les choses étaient sans âme.

C’est même encore pire : je ne VEUX pas être organisée.

Donc avec l’aînée, c’était top. Je prenais mon écharpe, deux couches, et je vadrouillais la journée. Je pouvais prolonger une journée en ville chez une copine par exemple. C’était merveilleux, il me suivait partout, heureux qu’il était dans son écharpe arc-en-ciel collé à mon sein.

Donc je me réjouissait de remettre le couvert d’une maternité « à l’arrach », avec en plus le bonheur d’avoir un grand déjà assez grand pour se faire chauffer sa boîte de raviolis tout seul.

Et boum, tiens vla des grumeaux (ah ah le terme est fort approprié pour le coup).

Donc arrivent les jumeaux, joyeux bordel pas organisé. Et au fil des semaines, insidieusement, me voilà entrain de me transformer en Hulk de l’organisation. Une vraie tarée.

Mais POURQUOI ? Alors que je ne le voulais pas, que ça me gave, que c’est tellement pas « moi »?

Et bien tout simplement parce que j’ai pas eu le choix….
C’était tellement prenant, que la moindre seconde à juste profiter des bébés comptait. Que je ne pouvais juste plus gâcher 45 secondes à chercher une tétine.

C’est tellement bien ancré que je pense tout en amont. Mais pas genre juste une heure en amont, presque une journée avant pour une petite sortie.

Genre, demain je vais aller au LAPE (Lieu d’accueil parents enfants)
Étape 1 : On prépare tout pour partir, eau, goûter, couches, lingettes, tétines, dans les Ziploc près de la porte
Étape 2 : On décide l’heure et le mode de transport (poussette simple + portage ou double) et on prépare les fringues et conséquences (le bébé en portage est moins vêtu qu’en poussette)
Étape 3 : On prévient le grand et on lui rappelle bien de prendre la clé de la maison, on veille à bien charger les portables
Étape 4 : On essaie de pas dormir trop tard
Étape 5 : On lance un appel à une amie (mais genre pas trop tôt, histoire de laisser croire qu’on prépare pas cette petite sortie comme le voyage du siècle) pour aller avec

Bon écrit comme ça, ça fait vraiment limite « peur ».
Pour les râleuses notoires, je rappelle que je suis SEULE, et doit donc m’occuper de tout.

Et donc prévoir mille ans à l’avance, ça me décharge au max. Je profite à fond du moment « cool », sans me dire « purée de pois, j’ai oublié la tétine il va hurler comme un cochonnet dans le tram retour »

Et du coup, je suis devenue comme un marchand ambulant. J’ai toujours (presque) tout ce qu’il faut, et tout le monde me taxe !!!

« Ouais les jumeaux, suffit d’être organisée.  »

 » Ouais l’accouchement, suffit d’écarter les jambes « 

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