Un des moments les plus forts (pas en chocolat par contre) de la grossesse gémellaire, c’est quand même le jour où on t’annonce qu’il y en a deux.

Pour la plupart des parents, ça se passe à 12sa (semaines d’aménorrhée, échelle chronologique médicale de référence, au demeurant complètement stupide), à la fameuse échographie de datation.

Moi bien sûr, mon petit corps avait déjà décidé de ne pas faire comme tout le monde, et de manifester très vite des signes importants de défaillance (comprendre : fatigue et nausées d’environ 18 sur l’échelle de Richter).

Ce lundi 2 avril 2012, je quitte donc avec culpabilité et dépitée de ne servir à rien, toute ma joyeuse bande de collègues, en plein milieu d’un inventaire. J’appelle donc ma gynécologue adorée, espérant qu’elle pourra rapidement me recevoir et surtout, me sortir de derrière les fagots LE remède MIRACLE (Ha-ha-ha) qui me rendra ma force et remettra mon estomac en mode “entrée” seulement. Sauf que, on a pas idée, mais SuperGynéco-mère-de-jumeaux est…. en congés!

Je suis donc gentiment redirigée vers les consultations au GrandHôpital.

J’entre dans la salle de consultation, la même où 5 ans plus tôt, un lundi 2 avril aussi, j’avalais le médicament qui allait mettre fin au développement d’une PetiteEtoile en moi…

J’explique donc mon cas désespéré à la gentille interne, elle même enceinte.

Afin que vos cotisations sociales ne dorment pas dans des caisses, à GrandHôpital on prends l’habitude de bien rentabiliser les appareils hors de prix dans lesquels vos sous sont investis. Cela se traduit par la petite phrase genre : “allez, on va faire une petite écho!”

Là je regrette. De ne pas avoir refusé cet acte. Acte complètement inutile, car à 6sa, je savais très bien qu’on ne verrait rien de concret, et qui n’était pas justifié par le motif de consultation….

La sonde en moi, GentilleInterne alterne légers sourires et air sérieux sur ses petites lèvres. Elle sourit enfin pour de bon et mon montre deux de ses doigts…

Là j’ai dit “Oh putain non c’est pas vrai” et j’ai explosé en sanglots devant son air affolé.

Il faut dire que, malgré le fait que, pas une seule seconde je n’aurais pu croire que ça pouvait un jour tomber sur moi, j’avais quand même un inconscient gros pressentiment, au point de constamment faire des allusions sur le sujet, avec mes collègues ou FuturPapa. FuturPapa avec qui j’avais, deux jours avant, trouvé LA poussette double ultime dans un magasin de puériculture….

GentilleInterne est toute contente, c’est sa première découverte de gémellaire (“gardez l’écho en souvenir” que je lui ai dit).

Elle m’averti tout de même que c’est encore très tôt, qu’on ne voit pas encore d’embryon dans le 2eme sac, que beaucoup de grossesse commencent ainsi, blabla.

Je sors de GrandHôpital, complètement sonnée, mon image en noir et blanc à la main, incrédule. C’est un cauchemar et je vais me réveiller?

Au dessus de moi, surgit alors un gros néon clignotant rouge : PUNITION. Je pleure.

Le Destin (note pour les croyants lisant ce Blog : remplacer “Destin” par “Dieu” chaque fois que ce mot apparaît) doit bien se foutre de moi là. “Ah ma connasse, t’as pas voulu de l’autre il y a 5 ans? Ben tiens, je t’en met deux pour le prix d’un ce coup là !” (mais pourquoi est-il aussi méchant ?)

Statistiquement (bientôt un billet sur ces chiffres sans lettres), il était nettement plus probable que n°2 ne tienne pas. Mais c’était le Destin. Et inconsciemment je savais très bien qu’il tiendrai.

Ainsi débuta ce trouble psychologique qu’on nomme si joliment le “choc gémellaire”….

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